L'Exil

by Acédia

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YomaBarr
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YomaBarr As if Shostakovich was still alive and played metal. If this is depressive suicidal I'm the world skating champion. This is the manic phase of bipolar, and won't let go till the last second.
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1.
Mon âme malade et gavée Quitte ce désert blafard Préférant se saouler Du joug ecclésiastique. Dans cet inepte théâtre, Où les tristes cabotins Chérissent la coulisse miteuse, Pâtissant sous le dégoût. Là, où, journellement, On se complaît à mourir Via ces artérioles cendrées, Brûlants macadams dépravés. J’abdique, las et exsudé, Devant ces ténèbres incessantes. Bêtes ouailles décervelées Par l’esseulée lanterne angoissante. Au carcan consumériste, Résigné de mythomanie. À l’autolyse généralisée, Consacrée à l’absurdité. J’élis mes propres chaînes. Je me plonge dans l’ascétisme. Je fuis cette crétinerie. J’épargne l’essence meurtrie.
2.
Émanation de crédulité Que je n’ai su éluder. Turpide volition, Outrancière dévotion. L’affabulation s’est arrogé De ma sinistre naïveté. Indolence, éthylisme et volupté, Supplantent la factice Trinité. Je me morfonds continûment, Adulant la souveraine lubricité. L’onanisme est mon affliction Face à l’immuable concupiscence. Je tergiverse fallacieusement. L’égarement m’assujettit. Le suave nirvana éthanolé, S’édifie en juste liberté. La grotesque adoration, Fardeau parfaitement achevé, Me gorge d’aversion, M’impose la conjuration. Votre exécrable mysticisme, Antagonisme d’humanité, M’a perfidement emprisonné, M’a souillé de vos pêchés. Ensorcelante torpeur, Délicate inertie, Entraînez-moi, j’en adjure, Vers l’éternelle léthargie.
3.
Agenouillé je suis témoin De la mort de mes frères. Un massacre répugnant, Dont je suis le seul survivant. Pourquoi? J'aurais préféré y rester Au lieu de subir cette atrocité. On m'a oublié. C'était sans doute pour me punir. Perdu, je sombre dans les confins de mon âme Me rappelant que le Dieu En qui je croyais Me délaisse à la déchéance. Sans espoir, ma dernière solution, Me laisser dépérir Sans même songer à pardonner. Le mal est infâme... Hantise! Je me prive d'eau et de vivres. Les démons surgissent sans prévenir Rongeant ma conscience et mon corps. Esclave d'un mal invisible. La mort me guette...
4.
Perdu, brusquement paralysé, À force de dogmatique diligence. Il n’y a plus qu’impossible discernement À travers cette allure insensée. La raison dorénavant tordue, Tant incontrôlable qu’assommante, N’ayant qu’une seule visée, Entendre ces déments gémissements. Je ne décèle qu’une entité dégradée, Frustrée, amputée de lucidité, Parmi ce tas banal d’étourdis Intimes d’une pétrifiante pathologie. Je tremble devant l’émancipation Esquissée en hallucinations. Cauchemardesques divagations, Palpables et familières illusions. Je traîne dans l'abandon espérant ma salvatrice lance.
5.
Je croupis dans la souffrance, Le silence et la solitude. Monde abject à mes côtés, Renfermé et méprisé. Quant au fond de moi, La haine empeste. Je me déteste, Je me déteste… Et je vous blâme, Je m’innocente. Vous, les tyrans, Moi, la victime. Quant au fond de moi, La haine empeste. Je me déteste, Je me déteste… Je suis lâche. Oui, je suis faible. La seule force qu’il me reste Est celle qui m’enlèvera la vie. Face à ce bain de sang hurlant Pour que ma peine passe volontiers au trépas. Je me coupe de tout espoir. Rien ne m’attache à la vie. J’aimerais mieux qu’on m’oublie. Ne plus jamais me revoir. J’ai fracassé mon miroir Et me suis coupé jusqu’au néant. Toute cette misère. Tout ce calvaire. Toute cette colère. Tout m’exaspère. Tout me déchire. Rien ne me fait rire. Tout est ombrage. Tout est mirage. Tout est ma faute! Tout est ma faute! Quant au fond de moi, La haine empeste. Je me déteste, Je me déteste.
6.
Allez voir le bourreau, Il saura vous taire. Têtes dans l’échafaud, Ou tous pendus bien hauts. Une rétribution, Pleine justification. Fausses promesses amères, Demandent réparation. Et ma nature humaine Quémande au sang giclé, Au son des hurlements, Ma caste de s’élever. … Et moi… Jamais je ne ferai faute, Car je veux tous vous dominer. Vous pouvez bien parler, Agir à votre gré. De toutes vos actions, Il y aura évaluation. Victoire suprême. Réjouissance extrême. Allumer le feu, Mettez-les aux milieux. Ce charmant châtiment Nous rendra tous heureux, Car il saura nous faire Prendre un air de fête!
7.
Terminée l'attente. Les scénarios imaginés Peuvent maintenant se révéler. Un passant trop solitaire, Ivre après tant de verres, Ne pourra pas m'empêcher De chercher à le taire. Je l'observe subtilement, Caressant la pierre trouvée Qui s'envolera pour l'assommer. Gisant désormais sur un sol sanglant, Le visage pâle et inconscient, Malgré la peur éclatante. Comment faire alors qu'il est mien? Son corps inerte entre mes mains. Je n'arrive plus à penser, Seulement l'envie de me crosser. Sous ce ciel obscur et sale, La pureté de mon âme se dévoile. Je sculpte gracieusement cette peau tendue, La lame de mes ongles me suffit. La jouissance s'est fait attendre. À présent, je m'amuse comme au berceau.
8.
L'exil 08:56
Je suis condamné à vivre En marge d'une société méprisante, Où l'individualité règne aveuglément, Une vie froide et égoïste. Je m'exilerai d'un monde amer, Écoeuré de vivre en paria. J'ai souffert durant tant d'années. Le cycle de la mort est enclenché. Maintenant, j'ai quitté ces quartiers austères Vers un désert inconnu. Isolé du reste du monde, Pour combler un désir nécessaire. Le mal de vivre fausse ma réalité. Il s'empare de ma conscience. Me suit et ronge mon âme atrophiée. Je ne pourrai l'endurer plus longtemps. Le sang qui s'écoulera de mes veines Ne sera pas signe d'ignorance. Pleinement conscient d'une mort Dignement épargnée de souffrances. Ma vie coule sur le sol. Ma soif de mort est assouvie. Mais je quitte ce monde Sachant que rien n'aura changé. J'errerai seul telle une âme déchue Vers une terre utopique Espérant enfin délaisser Cette planète infâme et agonisante.

credits

released November 10, 2012

Enregistré, mixé et masterisé au Hemisphere Studio par Antoine Baril.

Guitare, basse et voix : Pascal Landry
Guitare: Marc-André Bérubé
Batterie: Julien LeBreux

visit: www.facebook.com/Acediaqc

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